Suivi de grossesse : sage-femme ou gynécologue
Enceinte de mon premier bébé, je reviens à la maison portant avec bonheur l'enveloppe contenant le papier où il est écrit "positif". Toute à ma joie, je m'aperçois qu'il va falloir maintenant chercher un gynécologue pour le suivi de grossesse...
STOP !!!
J'ai dit gynécologue.
A ce moment j'ignore totalement que les sage-femmes sont habilitées, voire recommandées pour un suivi de grossesse classique... depuis quelques temps elles ont même l'autorisation de délivrer le fameux certificat de grossesse, sésame pour toutes les paperasseries nécessaires quand on attend un enfant.
Bref.
Je suis relativement nouvelle dans ma ville, mais j'ai quand même une gynécologue "de ville" attitrée, qui est fort sympathique au demeurant. J'ai eu du mal à la trouver car je souhaitais une femme, et toutes les autres m'ont répondu ne pas prendre de nouvelles patientes... Celle-ci à qui j'avais annoncé mon désir de concevoir un enfant m'avait prescrit l'ordonnance pour la prise de sang, et m'avait annoncé qu'elle ne suivait pas les grossesses. Gasp...
Je cherche donc dans les pages jaunes un gynécologue-obstétricien de ville, le plus proche de chez moi. C'est ainsi que le docteur V. entre dans notre vie.
Au premier rendez-vous auquel j'assiste avec mon mari, nous sommes impressionnés. Grand bureau en chêne massif, murs blancs, sols carrelés de blanc, table d'examen... je me pose fugitivement la question si il y a eu des accouchements dans ce cabinet qui ressemble à ce qu'est une salle de naissance dans mon imagination.
Le docteur en lui-même dégage une aura d'autorité qui m'intimide... prise de poids, de tension, toucher vaginal... puis le petit plus : le docteur V. a un appareil d'échographie qu'il partage avec son collègue. L'appareil est libre, et grâce à une échographie endovaginale (je ne suis plus à ça près) nous découvrons un petit haricot au coeur battant... c'est un moment d'émotion immense pour mon mari et moi.
Ensuite, pendant que je me rhabille il rédige les ordonnances pour toutes les analyses nécessaires, merci madame c'est 50 euros, au revoir et au mois prochain. Je crois que j'ai à peine ouvert la bouche et toutes mes questions se sont envolées en fumée devant son air légèrement condescendant. Malgré l'échographie mensuelle, aucune consultation ne durera plus d'un quart d'heure, en dehors de celle de l'examen échographique du 3ème mois.
Ce sera comme ça pendant 5 mois, au cours desquels je me soumettrai docilement à toutes ses demandes d'examens (excepté le tritest), et où les moments magique de la rencontre avec notre bébé via l'appareil d'échographie me feront fermer les yeux sur une relation très peu satisfaisante.
Comme je n'arrive toujours pas à poser mes questions que je trouve ridicules quand je suis dans son cabinet, je me renseigne sur internet. C'est au moment où se pose le choix de la maternité qu'un grand chamboulement se fait... qui aboutit entre autre à la fin du suivi par Mr V. auquel nous dirons que nous ne pouvons pas accoucher dans sa clinique (et accessoirement lui payer les 300 euros qui nous garantissent sa présence à mon accouchement) car elle n'est pas conventionnée par ma mutuelle.
C'est le début de mon suivi avec F., sage-femme libérale.
Le premier rendez-vous auquel nous assistons, je suis un peu angoissée. Nous sommes là en particulier pour lui demander si elle veut bien nous accompagner dans notre projet d'accouchement à la maison.
Mais...
Le cabinet est une petite pièce aux murs de couleur chaudes, avec un grand tableau sur lequel des tas de photos de bébés sont accrochées. nous sommes assis autour d'une petite table ronde... alors j'ose aborder ce sujet qui me hante : l'épisiotomie. Elle me rassure : cette année, elle en a fait une sur une centaine d'accouchement... elle tente de cerner nos motivations, nous discutons, le courant passe. Elle m'examine sur un vrai lit, avec des coussins au lieu d'étriers... c'est elle qui se baisse et non moi qui suis surélevée.
Je ressors enchantée, je mesure à présent tout ce qui m'a manqué dans le suivi de grossesse avec le docteur V. Et même si elle n'a pas d'appareil d'échographie (on a entendu tout de même le coeur du bébé avec le doppler), je me sens bien plus connectée à mon bébé au sortir de ses consultations...
Elle fera la fin de mon suivi de grossesse, et tout le suivi de ma grossesse suivante en alternance avec son associée J.
Tout au long de la grossesse, je pourrai lui parler de moi, ce que je ressens, de mes angoisses... je ne suis plus seule dans cette grossesse, il y a pour m'accompagner une femme dont c'est le métier et qui l'exerce avec passion.
Je pourrai lui parler de mes petits maux, me voir proposer des solutions toutes simples à des douleurs ligamentaires dont je ferais profiter mes copines d'internet, auxquelles leurs gynécologues ont dit qu'il fallait attendre que ça passe...
Je pourrai construire une relation très forte de femme à femme, celle qui sait et celle qui va savoir ce qui se passe quand on devient mère...
Je pourrai être rassurée sur ma capacité à enfanter alors qu'un gynécologue vu en consultation à l'hôpital (pour y avoir un dossier) demandera une radio du bassin directement au vu de ma petite taille (je mesure 1,50m). On parle de l'accouchement...
Puis lors de ma deuxième grossesse on reparlera de mon premier accouchement... pourquoi il n'a pas été si facile que ça, pourquoi j'ai dû pousser alors que je pensais que ça devait pousser tout seul... Cette seconde grossesse sera l'occasion de discuter de tous ces examens que je pensais obligatoires pour un suivi de grossesse : je ne subirais pas un seul toucher vaginal avant le neuvième mois, je refuserai le test d'hyperglycémie provoquée.
C'est dans cette ambiance cosy et intime que je découvre que décidément non, la grossesse n'est pas une maladie... c'est un moment privilégié, un peu hors du temps, un moment magique où on est deux dans le même corps. Grâce à elles, je prend conscience de cette part de féminité et de maternité qui existe en moi.
Décidément, pour moi, le suivi de grossesse, c'est avec une sage-femme !
A ce moment j'ignore totalement que les sage-femmes sont habilitées, voire recommandées pour un suivi de grossesse classique... depuis quelques temps elles ont même l'autorisation de délivrer le fameux certificat de grossesse, sésame pour toutes les paperasseries nécessaires quand on attend un enfant.
Bref.
Je suis relativement nouvelle dans ma ville, mais j'ai quand même une gynécologue "de ville" attitrée, qui est fort sympathique au demeurant. J'ai eu du mal à la trouver car je souhaitais une femme, et toutes les autres m'ont répondu ne pas prendre de nouvelles patientes... Celle-ci à qui j'avais annoncé mon désir de concevoir un enfant m'avait prescrit l'ordonnance pour la prise de sang, et m'avait annoncé qu'elle ne suivait pas les grossesses. Gasp...
Je cherche donc dans les pages jaunes un gynécologue-obstétricien de ville, le plus proche de chez moi. C'est ainsi que le docteur V. entre dans notre vie.
Au premier rendez-vous auquel j'assiste avec mon mari, nous sommes impressionnés. Grand bureau en chêne massif, murs blancs, sols carrelés de blanc, table d'examen... je me pose fugitivement la question si il y a eu des accouchements dans ce cabinet qui ressemble à ce qu'est une salle de naissance dans mon imagination.
Le docteur en lui-même dégage une aura d'autorité qui m'intimide... prise de poids, de tension, toucher vaginal... puis le petit plus : le docteur V. a un appareil d'échographie qu'il partage avec son collègue. L'appareil est libre, et grâce à une échographie endovaginale (je ne suis plus à ça près) nous découvrons un petit haricot au coeur battant... c'est un moment d'émotion immense pour mon mari et moi.
Ensuite, pendant que je me rhabille il rédige les ordonnances pour toutes les analyses nécessaires, merci madame c'est 50 euros, au revoir et au mois prochain. Je crois que j'ai à peine ouvert la bouche et toutes mes questions se sont envolées en fumée devant son air légèrement condescendant. Malgré l'échographie mensuelle, aucune consultation ne durera plus d'un quart d'heure, en dehors de celle de l'examen échographique du 3ème mois.
Ce sera comme ça pendant 5 mois, au cours desquels je me soumettrai docilement à toutes ses demandes d'examens (excepté le tritest), et où les moments magique de la rencontre avec notre bébé via l'appareil d'échographie me feront fermer les yeux sur une relation très peu satisfaisante.
Comme je n'arrive toujours pas à poser mes questions que je trouve ridicules quand je suis dans son cabinet, je me renseigne sur internet. C'est au moment où se pose le choix de la maternité qu'un grand chamboulement se fait... qui aboutit entre autre à la fin du suivi par Mr V. auquel nous dirons que nous ne pouvons pas accoucher dans sa clinique (et accessoirement lui payer les 300 euros qui nous garantissent sa présence à mon accouchement) car elle n'est pas conventionnée par ma mutuelle.
C'est le début de mon suivi avec F., sage-femme libérale.
Le premier rendez-vous auquel nous assistons, je suis un peu angoissée. Nous sommes là en particulier pour lui demander si elle veut bien nous accompagner dans notre projet d'accouchement à la maison.
Mais...
Le cabinet est une petite pièce aux murs de couleur chaudes, avec un grand tableau sur lequel des tas de photos de bébés sont accrochées. nous sommes assis autour d'une petite table ronde... alors j'ose aborder ce sujet qui me hante : l'épisiotomie. Elle me rassure : cette année, elle en a fait une sur une centaine d'accouchement... elle tente de cerner nos motivations, nous discutons, le courant passe. Elle m'examine sur un vrai lit, avec des coussins au lieu d'étriers... c'est elle qui se baisse et non moi qui suis surélevée.
Je ressors enchantée, je mesure à présent tout ce qui m'a manqué dans le suivi de grossesse avec le docteur V. Et même si elle n'a pas d'appareil d'échographie (on a entendu tout de même le coeur du bébé avec le doppler), je me sens bien plus connectée à mon bébé au sortir de ses consultations...
Elle fera la fin de mon suivi de grossesse, et tout le suivi de ma grossesse suivante en alternance avec son associée J.
Tout au long de la grossesse, je pourrai lui parler de moi, ce que je ressens, de mes angoisses... je ne suis plus seule dans cette grossesse, il y a pour m'accompagner une femme dont c'est le métier et qui l'exerce avec passion.
Je pourrai lui parler de mes petits maux, me voir proposer des solutions toutes simples à des douleurs ligamentaires dont je ferais profiter mes copines d'internet, auxquelles leurs gynécologues ont dit qu'il fallait attendre que ça passe...
Je pourrai construire une relation très forte de femme à femme, celle qui sait et celle qui va savoir ce qui se passe quand on devient mère...
Je pourrai être rassurée sur ma capacité à enfanter alors qu'un gynécologue vu en consultation à l'hôpital (pour y avoir un dossier) demandera une radio du bassin directement au vu de ma petite taille (je mesure 1,50m). On parle de l'accouchement...
Puis lors de ma deuxième grossesse on reparlera de mon premier accouchement... pourquoi il n'a pas été si facile que ça, pourquoi j'ai dû pousser alors que je pensais que ça devait pousser tout seul... Cette seconde grossesse sera l'occasion de discuter de tous ces examens que je pensais obligatoires pour un suivi de grossesse : je ne subirais pas un seul toucher vaginal avant le neuvième mois, je refuserai le test d'hyperglycémie provoquée.
C'est dans cette ambiance cosy et intime que je découvre que décidément non, la grossesse n'est pas une maladie... c'est un moment privilégié, un peu hors du temps, un moment magique où on est deux dans le même corps. Grâce à elles, je prend conscience de cette part de féminité et de maternité qui existe en moi.
Décidément, pour moi, le suivi de grossesse, c'est avec une sage-femme !
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